Transe

2013

installation vidéo - deux écrans

04:03'


Le long de mon corps glissent les gouttes de mon eau que je sens inonder mes tissus.
L’esprit en silence, le corps lourd, j’ai abandonné ma pudeur sous un voile.
J’y ai perdu un bras, un genoux, deux oreilles, quelques cheveux, mon équilibre parfois des orteils.


De-ci de la sûrement des voix ou d’autres qui râlent comme moi. Les sons ?

Lointains et profonds.
Je ne vois plus, a peine quelques formes floues.


Seuls les battements des percussions internes qui remontent par mes talons me donnent

des repères incertains.
Je bascule, et je bascule, et je laisse aller, et je reprends, et je perds à nouveau, et je trébuche et les jambes fléchies accouche d’un dernier cri.  
Je jette ou je déchire mes costumes, mes parures, ma posture. À terre mon voile mes personnages, toutes les couches, mes autres et moi. Ma masse s’appuie et se décale. J’avance dans ma tête, je cours dans mon corps.
Que je suis libre.

 

J’ai chaud, je tremble, je reste, je demeure, et je résiste.


J’abandonne mes bras, j’abandonne mes jambes, j’abandonne ma tête, j’abandonne mes cuisses, j’abandonne mes fesses, j’abandonne mon cou, j’abandonne mes hanches, j’abandonne mon dos, j’abandonne mon ventre et j’abandonne ma bouche. Je souffle, je bave, je grince, je griffe, je gifle, je tire, et je crispe et dans un dernier élan quand ma réalité m’abandonne a son tour, je lâche, vide.


De nulle part je reviens déjà de voyage.


D’être exilé dans mon corps, je suis épuisé. Et après avoir tourné jusqu'à m’en écœurer je reviens à cette réalité d’un corps remplis de restes.